ConcoursdesBA#2 La leçon de danse au Théâtre de l’Oeuvre

La leçon de danse au Théâtre de l’Oeuvre, avec Andréa Bescond et Eric Métayer

Tout pourrait séparer Senga et Adémar… Ils sont chacun aux extrémités d’un grand écart social et culturel jusqu’à ce qu’une leçon de danse les fasse se rencontrer. Elle, danseuse qui ne peut plus danser, lui, scientifique autiste qu’on ne peut pas toucher. La leçon de danse, c’est l’histoire de ces deux personnalités singulières, drôles, blessées,  mais avant tout, vivantes ! Une comédie romantique et humaine, drôle et pétillante où l’onirisme transporte le réel.

Alors, ça vous tente ? Tentez de gagner deux invitations* pour assister à une représentation de La leçon de danse en répondant à la question suivante :

Quel est le titre exact de la précédente pièce écrite et interprétée par Andréa Bescond ?

Envoyez-vite votre réponse par mail à concoursdesba(at)gmail.com !

Un tirage au sort sera effectué parmi les bonnes réponses le mardi 21 novembre et le gagnant sera annoncé sur cette page !

Edit du 21 novembre : La réponse est Les chatouilles ou la danse de la colère. C’est La Souris qui a gagné deux places ! Merci à tous de votre participation. La Souris nous t’envoyons un mail très vite pour les modalités de retrait des places.

 

La leçon de danse est en représentation au Théâtre de l’Oeuvre du 14 septembre au 31 décembre 2017, du jeudi au samedi à 19h / le samedi à 17h et le dimanche à 16h. Profitez-en pour découvrir ce si joli théâtre caché au fond d’une cour dans le 9è arrondissement de Paris !

*  Concours réservé aux membres des Balletomanes Anonymes ouvert du 15 novembre 2017 15h jusqu’au 20 novembre 2017 23h59. Un lot de deux invitations est mis en jeu. Tirage au sort effectué le 21 novembre au matin par le bureau des Balletomanes Anonymes parmi les bonnes réponses et annoncé sur cette page, sur les réseaux sociaux et par mail dès 15h.

5 bonnes raisons de venir à Strasbourg avec les B.A. !

Le bureau des Balletomanes Anonymes vous a concocté un week-end à Strasbourg aux petits oignons ! Pourquoi Strasbourg ? Parce que Bruno Bouché vient de quitter l’Opéra de Paris pour prendre la direction du Ballet du Rhin. Bruno Bouché a commencé tôt à chorégraphier, à organiser des spectacles avec la compagnie qu’il a montée, Incidence Chorégraphique. Alors pour vous convaincre de venir voir la première soirée qui ouvre sa saison, c’est encore lui qui en parle le mieux.

Raconte-nous cette première soirée !

C’est une soirée avec trois pièces qui me bouleversent. Une soirée pleine de vie qui nous met face à la condition tragique de l’être humain. Toutes les grandes oeuvres d’art nous mettent face à ça. Ce “triple bill” c’est la base de mon projet pour la compagnie : on part de trois grands chorégraphes du XXème siècle, formés à l’école académique et  issus du Ballet de Stuttgart. On perpétue une tradition qu’ils ont traitée de manière résolument contemporaine. Je souhaite faire entrer le Ballet du Rhin pleinement dans le XXIème siècle. Il y a donc du répertoire que je veux transmettre comme un socle, afin que l’on puisse évoluer vers d’autres chemins de création.  Je crois que public comme danseurs sortent grandis de cette soirée. Ces trois pièces, c’est de l’émotion pure !

Les B.A. connaissent William Forsythe et Jiri Kylian, qu’on a beaucoup vu à l’Opéra de Paris, mais moins Uwe Scholz. Tu nous en parles ? 

Oui ! C’est vrai qu’Uwe Scholz est moins connu en France mais ces pièces ont été très diffusées, notamment en Allemagne et dans pas mal de pays de l’Est, un peu comme si il y avait eu une frontière avec la danse néo-classique. Pour vous le présenter, je peux vous dire que c’est un chorégraphe qui est très près du langage académique et qui a un rapport très musical à la chorégraphie.

C’est un des chorégraphes à être sorti le plus jeune du Ballet de Stuttgart soutenu par John Cranko et Marcia Haydée. Il a dirigé Zurich à à peine 26 ans.

J’ai rencontré le travail de Scholz à Leipzig. J’avais fait entrer au répertoire d’Incidence Chorégraphique des courtes pièces, des pas de deux, notamment celui de Jeune Homme, qui est magnifique. Jeune homme était déjà  au répertoire du Ballet du Rhin et cela tombait bien car je trouve que c’est celle qui a le plus de fraicheur.

Comment as-tu travaillé ces trois pièces avec les danseurs ? 

Les danseurs ont d’abord travaillé comme des dingues ! Des répétiteurs géniaux sont venus à Mulhouse [ndlr : c’est là que se trouvent les studios du Ballet du Rhin] : Kiyoko Kimura et Giovanni Di Palma ont travaillé pour faire répéter cette chorégraphie exigeante d’Uwe Scholz. Ces artistes, qui ont servi la pièce magnifiquement quand ils la dansaient, permettent aux danseurs de comprendre ce que voulait Uwe Scholz. Au-delà de la complexité du classique, parce que c’est vrai que cela ne pardonne pas, il faut aborder autre chose. C’est cela qu’il faut faire toucher aux danseurs.

C’est différent chez Kylian et Forsythe ? 

Parfois sur des exercices contemporains, on ne prend pas le problème par le même endroit. En classique ou en néo-classique, la forme prime tellement, c’est le vecteur absolu pour aller vers d’autres choses. Chez Forsythe, l’écriture est incroyable et très exigeante. Chez Kylian aussi d’ailleurs. Il faut prendre ces chorégraphies par des biais différents, la musique, l’énergie. Dans Quintett, il y a une pulsion de vie incroyable, puisque ce sont les danseurs qui ont pris le processus chorégraphique quand William Forsythe perdait sa femme. Pour 27’52, c’est Kylian qui a choisi cette pièce pour la compagnie. C’est une pièce qui parle d’amour, de la complexité de se trouver, des rapports humains. C’est une très belle pièce.

Quelques mots sur la musique ? 

Oui bien sûr ! Même si je ne construis pas ma programmation en fonction de cela, elle a une grande importance. La musique de Mozart dans Jeune Homme me poursuit nuit et jour, c’est une merveille. Quant à la pièce de Kylian, la musique est basée sur la symphonie n°9 de Mahler.

Un dernier mot pour les B.A. ? 

Venez nombreux en Alsace : ça bouge à Strasbourg, Mulhouse et Colmar ! On vous attend nombreux dans nos différents théâtres !

Merci à Bruno Bouché pour cette interview.

 

Il reste une place pour participer au premier weekend des BA en vadrouille ! Pour vous inscrire, envoyez-nous un mail balletomanesanonymes(at)gmail.com !

Partir avec les Balletomanes Anonymes c’est :

  • avoir de bonnes places de spectacles
  • passer un moment convivial, voir de la danse, en parler, s’émerveiller
  • ne s’occuper de rien parce que le bureau s’occupe de tout :  les billets de train et la nuit d’hôtel sont déjà réservés, pas de hausse de prix à prévoir !
  • rencontrer des gens qui partagent la même passion
  • découvrir une nouvelle compagnie, des artistes, et les surprises que le bureau a préparées !

ConcoursDesBA#1 La Mégère apprivoisée au cinéma avec Pathé Live

Le ballet le plus audacieux du Bolchoï, La Mégère apprivoisée, sera diffusé au cinéma le 26 novembre à 16h. Créée sur mesure pour le Bolchoï par le chorégraphe Jean-Christophe Maillot, la chorégraphie d’une grande sensualité avait fait forte impression sur le public lors de son entrée au répertoire.

L’histoire ? Au grand dam de son père Baptista, la mégère Catharina refuse de se laisser séduire car aucun homme n’est assez bon pour elle. Mais lorsqu’elle rencontre Petruchio, un prétendant au caractère aussi trempé que le sien, les deux jeunes gens entament un jeu de séduction explosif et inattendu.

Adapté de la pièce de Shakespeare, le ballet magnétique créé sur la partition de Chostakovitch met en scène deux duos d’Étoiles : le couple électrique Ekaterina Krysanova-Vladislav Lantratov évolue en miroir du duo harmonieux Olga Smirnova-Semyon Chudin. Écrite pour le cinéma, la musique laisse aux danseurs un terrain de jeu d’une intensité rare pour développer la théâtralité de leurs personnages : « C’est le rôle de ma vie », explique Ekaterina Krysanova, qui interprète la mégère.

 

Alors, ça vous tente ? Tentez de gagner deux places* pour assister au ballet le 26 novembre prochain dans le cinéma de votre choix en répondant à la question suivante :

Lequel de ces ballets n’est pas chorégraphié par Jean-Christophe Maillot ?

  • Thème et quatre variations
  • Opus 60
  • D’une rive à l’autre

Envoyez-vite votre réponse par mail à concoursdesba(at)gmail.com !

Un tirage au sort sera effectué parmi les bonnes réponses le mardi 14 novembre et le gagnant sera annoncé sur cette page !

 

Le ballet sera diffusé en exclusivité dans plus de 150 cinémas en France pour une date unique en HD et son 5.1 : les cinémas Gaumont Pathé, Kinepolis, Cinéville, Cap Cinéma, Cinemovida, Ciné Alpes et des dizaines de cinémas indépendants.

Edit du 14 novembre : La réponse est Opus 60. C’est Pascale qui a gagné deux places ! Merci à tous de votre participation. Pascale nous t’envoyons un mail très vite pour les modalités de retrait des places.

 

 

*  Concours réservé aux membres des Balletomanes Anonymes ouvert du 8 novembre 2017 15h jusqu’au 13 novembre 2017 23h59. Un lot de deux places est mis en jeu. Tirage au sort effectué le 14 novembre au matin par le bureau des Balletomanes Anonymes parmi les bonnes réponses et annoncé sur cette page et par mail dès 15h.

La danseuse du mois : Héloïse Jocqueviel

Ce mois-ci, on vous propose de découvrir une danseuse lumineuse à la beauté magnétique. Une rencontre passionnante à l’image de cette jeune artiste. Interview “premières fois” pour mieux connaitre d’où elle vient et comment elle a commencé la danse, sans oublier notre désormais culte portrait chinois !

Si tu étais un pas de danse ?  Des pirouettes.

Si tu étais un chorégraphe ? Pina Bausch ! Actuellement je ne vois que ça !

Si tu étais une blessure ? Un torticolis.

Si tu étais un costume ? Un académique ou un justaucorps. Je déteste le tutu plateau ! Ça ne me va pas et quand je regarde de loin, je ne comprends pas toujours.

Si tu étais un rituel ? Me parler.

Si tu étais un spectacle ? Ah Le Sacre

Si tu étais une folie ? La schizophrénie. 

Si tu étais une qualité artistique ? La tragédie.

Si tu étais une musique de ballet ? Là j’ai encore envie de dire Le Sacre !

Si tu étais une odeur ? La laque.

Si tu étais un danseur du sexe opposé ? J’en profiterai pour faire des sauts à deux mètres de haut et plein de pirouettes : je serai un danseur bondissant !

Si tu étais un théâtre ? Je n’en ai pas vu tant que ça, donc le Palais Garnier.

Si tu étais une superstition ? Le côté rituel : faire exactement la même chose que la veille si la veille ça s’est bien passé. Je vais essayer de répéter le rituel.

Si tu étais un bijou de scène ? Des boucles d’oreille.

Si tu étais une correction ? Baisse tes épaules !

Si tu étais une muse ?  J’aurais bien aimé connaitre Pina Bausch.

Si tu étais une partie du corps ? Les yeux.

Si tu étais une drogue ? La danse !

 

L’actualité d’Héloïse : retrouvez-la dans Le Sacre du Printemps de Pina Bausch jusqu’au 16 novembre puis dans Don Quichotte de Rudolph Noureev à partir du 9 décembre 2017.

Où trouver les Balletomanes Anonymes en novembre ?

Cher ami balletomane anonyme,

Le mois d’octobre t’a donné le tournis ? Tu ne savais plus où donner de la tête ? Respire, novembre sera plus calme. Mais pas moins majestueux.

Déjà parce que tu seras, bien sûr, comme tous les autres Balletomanes Anonymes, prêt à envahir Strasbourg, en particulier le 18 novembre, pour la soirée Forsythe/Kylian/Scholz du Ballet du Rhin à l’occasion du premier weekend des Balletomanes Anonymes !

Avoue, on peut arrêter la programmation dès maintenant.

Si cela ne te suffit vraiment pas, tu sais forcement, tout comme ton banquier, que la soirée Balanchine/Teshigawara/Bausch (comment résister, aussi…?) continue jusqu’au 16 novembre à Garnier. Encore huit sacrifices !

Le Festival d’Automne continue aussi d’ailleurs. Tu auras ainsi l’occasion de découvrir Rule of Three (Martens) à partir du 9 novembre à l’espace Pierre Cardin, ainsi que Pichet Klunchun and myself (Bel) à partir du 15 novembre au centre Pompidou.

Au Théâtre des Abbesses, ce sera Conjurer la peur de Gaëlle Bourges à partir du 22 novembre, et Titans d’Euripides Laskaridis dès le 30 novembre.

Et si tu cherches la une excuse pour partir en weekend à Lyon, tu pourras… ah non, attention ! Le ballet de l’Opéra de Lyon sera en villégiature à la MAC de Créteil à partir du 29 novembre, avec un programme Forsythe/Brown/Bel trop long à écrire. Bon, nous faisons un effort pour te mettre l’eau à la bouche. Tu y verras donc The second detail, set and reset/reset, ainsi que Posé, arabesque, temps lié en arrière, marche, marche.

Au Théâtre Chaillot, tout se passera à la fin du mois, avec El Baile de Mathilde Monnier et Alan Pauls (22-25 novembre) et Initio [LIVE] de Tatiana Julien et Pedro Garcia Velasquez à partir du 29 novembre.

Si tu as un avion à prendre le 10 novembre, sache que tu peux faire d’une pierre deux coups en allant voir les nouvelles créations de la compagnie Incidence Chorégraphique à Roissy le 10 novembre. Ils seront aussi à Senlis les 25 et 26 novembre, l’occasion de découvrir cette charmante ville picarde !

Mais si tu prenais l’avion, ce n’était peut-être pas pour la Picardie mais plutôt pour des contrées lointaines ! Pour changer Prokofiev à Bristol vers le 21 novembre grâce à l’ENB et Roméo et Juliette ? Pour faire un crochet par Londres et admirer le Royal Ballet dans son programme Tharp/Schechter/Pita à partir du 6 novembre ou dans Sylvia d’Ashton le 23 ? Pour prendre de l’avance sur l’ONP en assistant (sérieusement ??) à Daphnis et Chloé le 17 (accompagné d’Altro Carto de Maillot, quand même). De plonger dans l’histoire finlandaise avec The Land or Kalevala de Kenneth Greve à Helsinki à partir du 3 novembre ? De camper au Bolchoï et au Mariinsky (oui, les deux à la fois) pour voir Spartacus, Roméo et Juliette, Don Quichotte, La Sylphide, Le lac des cygnes, et tellement d’autres 😱 ?

 

Mais surtout n’oublie pas : winter is coming. Le NYCB débute les hostilités avec Casse-Noisette dès le 24 novembre.

Bisous !

Le bureau

 

 

Retour sur… la rencontre avec Wayne Byars

Un salon confortable et chaleureux au centre de Paris, quelques balletomanes et Wayne Byars. Voici le décor et le casting de cette première édition des Salons d’Honoré, ces rencontres que l’association des BA compte vous proposer régulièrement avec des personnalités en lien avec le monde de la danse !

C’est donc le professeur de danse classique, auteur du livre Leçons de danse, leçons de vie, que nous recevions ce vendredi soir. Pendant une bonne heure, Wayne Byars s’est prêté au jeu de l’interview, puis des questions-réponses avec le public, avec l’honnêteté, l’humour, et le regard aiguisé sur le monde de la danse qui le caractérise.

Evoquant tour à tour les cours de danse parisiens des années 80, les grands noms qui s’y croisaient, sa rencontre avec la technique Alexander ou la « tête spéciale danse classique » trop souvent vue dans le studio, Wayne Byars a parsemé ses réponses d’anecdotes personnelles et d’images, voire de démonstrations concrètes sur la personne de notre vice- président !

Vent debout contre une vision passéiste et infantilisante de la danse, il combat les clichés sur cet Art tout en admettant la réalité de certains d’entre eux : pour lui, ces clichés sur la danse classique viennent de ce qu’on en a fait, et non pas de ce qu’elle est réellement.
En 30 ans d’enseignement à des professionnels comme à des amateurs (envers lesquels il a un petit faible du fait de leur soif d’apprendre), Wayne Byars s’est forgé un regard unique. Il explique ainsi voir dans ses élèves à la fois le corps du danseur, mais aussi la personnalité qui se cache derrière. Aidé de cette vision, il nous parle ainsi de la peur des danseurs, du jugement permanent qui règne et les handicape, ou encore des douleurs dues à des erreurs techniques.

La discussion dérive aussi sur les auditions en danse classique, la course à la technique qui se fait parfois au détriment de l’artistique, l’idée de « sacrifice » chez les danseurs professionnels, ou encore la préparation d’un cours de danse !

Au-delà de cette plongée passionnante dans le monde de la danse professionnelle à travers les yeux d’un professeur, Wayne Byars en a profité pour donner quelques trucs et astuces pour la vie de tous les jours (comme pour préparer un entretien d’embauche) inspirées du studio ou des techniques d’auto-hypnoses, et donner des conseils pour commencer la danse.

À ceux qui ont peur de débuter du fait du jugement des autres, il répond : « Vos peurs sont les mêmes que celles des gens qui dansent ! c’est exactement pareil ! Moi je conseille, une fois seul, de mettre une musique qui vous plaît, vous fermez les rideaux et vous dansez. Personne ne vous regarde. Essayez de faire 3 minutes, sans s’arrêter. Au début on se sent bête, puis on s’oublie. Ensuite asseyez-vous et vous ressentirez quelque chose d’extraordinaire, de la griserie. C’est ça, danser ! ».

Après quelques dédicaces du livre et un moment chaleureux autour d’un verre, la soirée s’est achevée, chacun ravi de cette première édition. On espère vous voir à la prochaine !

Le Podcast des Balletomanes Anonymes #1

Le bureau des Balletomanes Anonymes vous a promis qu’avec lui,  vous ne vous ennuierez jamais !

Pour vous faire vivre la danse au plus près de ceux qui la font chaque jour, nous vous présentons notre podcast “Variations sur…”. Ce mois-ci, trois danseurs nous racontent Le Sacre du Printemps de Pina Bausch : comment ils s’y préparent , comment ils le dansent, ce qu’ils ressentent, leur Sacre.

Une autre manière de découvrir le spectacle, avec les mots de ceux qui le vivent sur la scène.

Le Sacre du Printemps de Pina Bausch est à voir (et à revoir) du 24 octobre au 16 novembre au Palais Garnier, avec Agon de George Balanchine et Grand miroir de Saburo Teshigarawa.

Un grand merci à Ambre Chiarcosso, Awa Joannais et Alexis Renaud pour avoir répondu à toutes nos questions !

 

La Balletomane Anonyme d’octobre 2017

Présente-toi, dis nous quand a commencé ton addiction ?

Paola, 25 ans, journaliste culture après un master de Cinéma. C’est d’ailleurs en regardant des comédies musicales américaines des années 50 que je suis devenue fan de danse (quand même Cyd Charisse et Fred Astaire dans Tous en Scène, ça en jette). Mais si j’adorais la danse moderne, je n’aimais pas du tout le classique, genre ennui mortel (rien que d’y penser, j’ai envie de me flageller.) J’ai arrêté d’en faire à 8 ans, et dix ans plus tard, ça m’est revenu comme un boomerang, grâce à Agnès Letestu. Elle mélangeait à la fois une expressivité cinématographique qui m’a bouleversée, et une technique irréprochable. Depuis, j’ai rattrapé le temps perdu, et j’écris même des articles sur des ballets. De quoi joindre l’utile à l’agréable !

Ta famille l’a acceptée ? Raconte-nous.

Evidemment ! Ma mère était la première heureuse, elle, qui a fait 30 ans de danse (oui, oui !). Elle désespérait de ne pas aller à l’Opéra avec moi. Alors quand enfin je suis tombée sous le charme de cet art, elle m’a dit «  c’est pas trop tôt ! ». Depuis, on a l’habitude d’aller voir des ballets ensemble, et je suis en train de convertir mon copain !

Ici, on sait qu’on soigne le mal par le mal. Que fais-tu quand tu es en manque de danse ?

Si je suis dans un monde civilisé (type accès à internet, télé), je me plonge dans mes DVD de La Dame aux Camélias ou du Lac des Cygnes (classiques, mais efficaces). Sinon, je joue au piano le thème de l’Histoire de Manon, ça me rappelle les adieux d’Aurélie Dupont, un grand souvenir ! Si je suis carrément dans un no man’s land, on est jamais mieux servi que par soi-même : je danse !

À quel ballet es-tu accroc ?

Les Enfants du Paradis de José Martinez, et encore plus quand il est dansé par Eve Grinsztajn ! Déjà, je suis fan du film, et je trouve le ballet d’une inventivité rare, même s’il ne fait pas l’unanimité. Autrement, L’Histoire de Manon, la Dame aux Camélias, Le Jeune Homme et la Mort, j’ai une petite préférence pour les ballets bien tragiques !

À quel danseur voues-tu un culte ?

Si l’on parle technique, je dirai Sylvie Guillem et Marie-Agnès Gillot. Maintenant, Agnès Letestu et Eve Grinsztajn ont quelque chose de l’ordre du jeu d’actrices et c’est rare. Elles me bouleversent, me transportent, me touchent. En hommes : Nicolas Le Riche et MATHIEU GANIO !!!! Si touchant lui aussi.

As-tu des vices dansants cachés ? 

Il m’arrive de tenter des grands jetés dans les couloirs du magazine où je travaille, pendant la pause dej, où il n’y a personne !

As-tu l’intention de te soigner ?

Tant que la rédactrice en chef ne me surprend pas, non !

Tu as besoin de parler de ton addiction ? Tu veux être le prochain Balletomane du mois ? Contacte-nous !

À la rencontre de Wayne Byars

Chers Balletomanes Anonymes, connaissez-vous Wayne Byars ?

Si son nom est connu de beaucoup de danseurs, amateurs comme professionnels, et particulièrement à Paris, ce n’est pas le cas de tous, à part peut-être quelques curieux qui auraient découvert ses conseils techniques sur YouTube.

Wayne Byars enseigne la danse classique depuis plus de 30 ans. Danseur classique  venu des États – Unis, il découvre vite sa vocation pour le professorat. Depuis lors, chaque jour de la semaine, il accueille dans son cours des danseurs venus chercher le sens pédagogique très particulier, qui envisage l’enseignement de la danse d’une manière tout à fait unique.
Ses conseils, il les a donnés à des danseurs classiques des plus grandes compagnies ; solistes de l’Opéra de Paris, principals du New York City Ballet, ou danseurs primés à Varna ou à Lausanne : de passage à Paris, le cours de Wayne est un incontournable. Il enseigne aussi à des jeunes en formation, futurs danseurs ou professeurs, à des danseurs contemporains, jazz, hip-hop, venus se nourrir de la technique classique, ou encore à des artistes du Lido ou du Moulin Rouge.

C’est dire que le monde de la danse, et la vie des danseurs, Wayne Byars en connaît un rayon ! Ses méthodes pédagogiques, particulièrement inspirées par la technique Alexander, tendent à une nouvelle approche de la transmission et à replacer le danseur dans la position juste, tant physiquement que mentalement. Une partie de ce savoir, ou cette expérience, Wayne l’a récemment mise à l’écrit dans un livre, Leçons de danse, leçons de vie.

À l’occasion de la sortie de son livre, nous vous proposons de dialoguer avec Wayne Byars en dehors d’un studio de danse. Son regard singulier sur l’enseignement de la danse, sur la construction et la vie d’un danseur et sur la danse classique mérite réellement d’être découvert, que l’on soit spectateur ou danseur amateur. Une rencontre passionnante en perspective, à ne louper sous aucun prétexte, le 20 octobre prochain !

 

Pour s’inscrire, cliquez ici !

Vous n’êtes pas encore membre des BA ? Pas de panique : vous pouvez toujours adhérer à l’association et bénéficier du prix réduit pour la rencontre avec Wayne Byars !

Le danseur du mois : François Alu

Entre deux averses, nous retrouvons François Alu qui sort de l’Opéra à vélo. L’hôtel Brittany est l’endroit parfait pour une conversation détendue, et découvrir qui est François Alu à la ville. Avec beaucoup d’espièglerie, il s’est prêté au jeu du portrait chinois. Découvrez d’une autre manière ce danseur fou !

Si tu étais un pas de danse ?  Un double saut de basque !

Si tu étais un chorégraphe ? Je serai un chorégraphe qui sait développer l’individualité. Un chorégraphe qui invente des personnages, qui montre des exploits, de la virtuosité mais qui laisse transparaître les faiblesses. Je voudrais que dans mes spectacles, il y ait tous les gestes possibles.

Si tu étais une blessure ? L’entorse, je suis souple mais je n’ai pas de cou-de -pied .

Si tu étais un costume ? Le costume que j’avais pour mon premier et dernier Siegfried. On me l’a fait sur-mesure, un peu plus foncé que le costume traditionnel. Je suis fan de ce costume.

Si tu étais un rituel ? (rires). Je me tape la poitrine comme ça (il frappe son buste) avant d’entrer en scène en disant “pour la famille !”.

Si tu étais un spectacle ? Désordres de Samuel Murez. Je l’ai dansé 80 fois.

Si tu étais une folie ? Moi ! Je suis assez fou, on devrait me mettre dans un asile.

Si tu étais une qualité artistique ? La puissance.

Si tu étais une musique de ballet ? La musique de Stravinsky, c’est juste de la bombe. Mais comme je répète Joyaux en ce moment, j’aime aussi beaucoup la musique de Fauré, avec ces variations pour les femmes, magnifiques.

Si tu étais une odeur ? J’adore mon parfum, Abercrombie & Fitch.

Si tu étais un danseur du sexe opposé ? Je voudrais être Alina Cojocaru ou Laetitia Pujol.

Si tu étais un théâtre ? Le palais d’Auron, où je me suis produit pour la première fois, chez ma mère. C’est là où j’ai fait mes premiers pas quand j’avais 3 ans… Madeleine de Proust.

Si tu étais une superstition ? J’aime pas l’idée que les superstitions existent.  Ça peut potentiellement te contaminer. C’est une superstition ça, non ?

Si tu étais une procrastination ? Les trucs administratifs.

Si tu étais un bijou de scène ? Le collier de la Dame aux Camélias.

Si tu étais une correction ? Tends tes pieds !

Si tu étais un prix ? Je suis contre les prix.

Si tu étais une marque de danse ? Cas-Danse ! J’adore Stéphanie et sa boutique.

Si tu étais une drogue ? L’adrénaline.

 

L’actualité de François : retrouvez-le dans son spectacle Hors Cadre les 8 et 14 octobre au Théâtre Antoine. Réservez vite votre place !